Quand de la liberté d’action naissent des communautés de projets

 

 

Après un parcours professionnel de plus de 30 ans au sein du groupe Bouygues, notamment dans la fonction RH, Jacky Guilloteau vient de créer « Un beau matin … » pour son activité de conseil RH et de coaching. Il est aujourd’hui « Human partner » (d’autres diraient DRH de transition) de Nextdoor. C’est dans ce contexte qu’il nous a livré sa perception des espaces Nextdoor (qu’il a également rejoint en tant que coworker) et de la nouvelle base line « Nextdoor, Business Humanizer ».

 

Nextdoor, Business Humanizer : 

 

Ma perception de « Business Humanizer », c’est d’abord la volonté affirmée de placer les personnes avant l’organisation. Et ce qui compte, ce n’est pas seulement l’individu lui-même mais aussi le lien, la relation entre les personnes. Car dans « humanizer », il y a le choix de mettre l’accent sur les personnes et celui de créer les conditions idéales à la naissance de relations authentiques, auxquelles de fait on donne toutes les chances d’être fructueuses. Ce qui frappe quand on découvre les équipes Nextdoor, c’est la liberté d’action (la possibilité de faire des choix et de prendre des initiatives dans le cadre de sa mission) dont bénéficie chacun et qui favorise la création de communautés spontanées entre des personnes dont les chemins se croisent. Bienvenue dans le monde de la transversalité, beaucoup plus ouvert aux interactions que la structure managériale traditionnelle (pyramidale) ! Or dans cette nouvelle dynamique, l’espace de travail joue un rôle considérable : la diversité des ambiances proposées dans des tiers-lieux comme Nextdoor permet de vivre au travail « comme à la maison » et de se sentir bien dans son environnement. Chacun travaille dans la position de son choix (assis, debout, allongé), peut décider de s’isoler, de réfléchir en musique. Dès que l’on retrouve les espaces de convivialité, tout le monde devient par là même abordable, quel que soit son niveau de responsabilité ou son expertise. Car dans un espace de coworking, toutes les notions de statut ou de hiérarchie sont gommées : ce qui compte c’est le métier, le domaine de compétences, la contribution au projet. Aller vers les autres et prendre le temps d’échanger est reconnu comme une démarche professionnelle à part entière. Cette liberté est une opportunité pour plus d’efficacité, car elle permet à chacun d’aller chercher son inspiration auprès de qui il le souhaite et comme il le souhaite.

 

 

 

H = 3C (Un Cerveau, un Corps, un Cœur) : l’équation gagnante

 

Au quotidien, l’envie prend le pas sur le devoir, ce qui permet à l’individu de s’affranchir de contraintes somme toute stériles, comme rester assis des heures à son poste de travail, s’imposer une tenue vestimentaire stricte ou compassée, ou s’astreindre à respecter des horaires qui ne correspondent pas à son horloge biologique. Finie la dichotomie du siècle dernier entre ceux à qui on demande d’utiliser leur matière grise et ceux dont on attend qu’ils utilisent leur savoir-faire manuel. Et jusqu’à récemment, les premiers étaient contraints à la station assise derrière un bureau plus ou moins ergonomique. En reconnaissant au « travailleur du savoir » le droit d’avoir un corps, nous acceptons l’idée qu’il est un « être entier » et pas simplement un producteur de « jus de cerveau » : écrire sur les murs, faire du trampoline, réfléchir avec des lego, tester ses idées avec des personnes extérieures au projet ou s’accorder un moment de repos est plus que toléré, mais encouragé ! C’est l’intégrité globale de l’individu qui est prise en compte, et qui lui donne l’envie de se dépasser. Reste la dimension la plus importante, celle qui fait de nous des humains : le cœur. Longtemps rejeté par la doxa du management, le domaine des émotions est désormais lui aussi accueilli comme une composante naturelle de l’homme au travail. On en revient à l’étymologie du mot « émotion » : mettre en mouvement. On est bien dans la vocation du management. Ainsi, lorsque l’on voit combien le besoin de reconnaissance est ancré, et en particulier chez les Français, l’on comprendra que la capacité à féliciter ou à s’enthousiasmer est une composante essentielle à l’épanouissement d’une personne par le travail. Chez Nextdoor, il est fréquent de voir les équipes rire ensemble, ou se congratuler. La chaleur humaine a toute sa place. Regardez, cela se lit sur leur visage ! C’est cette transformation des mentalités et cette incitation au lâcher-prise qui permettent de vivre complètement l’instant présent, comme dans notre vie personnelle. Ceci créé de facto les conditions favorables à l’envie de réussir, par opposition au devoir de faire.

 

Alors, comment définir la qualité de vie au travail dans ce contexte ?

 

La qualité de vie au travail (QVT), c’est d’abord la qualité de vie dans son ensemble. Bien entendu, la qualité de l’environnement de travail et la qualité d’écoute du manager sont primordiales. Mais le travail n’est pas un sanctuaire, chacun cherche un équilibre dans sa vie personnelle, familiale. Et si le travail permettait d’inspirer la qualité de vie ? Il faut bien comprendre que la vie est diverse, multiforme. Chaque personne est différente et aura donc un ressenti, une perception, une façon de faire qui lui sont propres : plus on accueille cette diversité, et plus on permet à chacun de se sentir bien et d’exprimer sa singularité et la palette de ses talents. La QVT c’est aussi ça. Ainsi, il y a un véritable enjeu dans le respect de la vie en dehors du travail et la limitation des sollicitations électroniques (mails notamment) postés le week-end ou pendant les congés : là encore, chacun est différent. Certains préfèrent épurer leur messagerie électronique au fil des congés pour ne pas être submergés à leur retour, d’autres se sentent plus à l’aise à tout couper momentanément. À cela, pas de solution universelle, il faut avant tout faire confiance, et laisser chacun gérer son temps, en fonction de son mode de fonctionnement propre, et en y intégrant les contraintes de son activité. Si ces conditions sont réunies, manager autrement, ce serait manager des hommes à travers des projets… qui les motivent. Car chacun a besoin de donner du sens à ses actions et donc de savoir pourquoi il fait les choses. Le manager doit alors faire en sorte, à la fois que les gens se sentent à l’aise, mais aussi que l’envie prenne le pas sur le devoir. Ceci est essentiel, dans la mesure où l’obligation de performance (pour ne pas dire, d’excellence) n’a jamais été aussi élevée qu’aujourd’hui. Il apparait donc vital de libérer le travail de toutes les contraintes superflues. Au final, manager le projet qu’est une entreprise, ce n’est pas manager une multitude de projets, c’est avant tout manager des femmes et des hommes qui conduisent ou contribuent à ces projets.

 

Jacky Guilloteau, Human Partner