Roseline Desgroux, coproducteur en coopération disruptive et Delphine Evesque, agitateur de créativité « innovivante », ont proposé de refaire le monde (du travail) à l’occasion des Open Nextdoor. Une expérience participative, un brin décalée, et hautement inspirante, qui a su libérer notre imagination, nous donner les moyens de rêver à l’impossible… et la volonté de le concrétiser.

 

  

En guise de préambule, Roseline & Delphine se sont livrées à une petite expérience, déconcertante et incontestable, dont l’objet était de nous démontrer combien un individu (aussi large d’esprit soit-il) pense et ne voit le monde que par le prisme de son histoire particulière et de ses expériences vécues (et sensorielles, pour sa relation au monde), sa culture, son origine sociale, etc.

 

Ainsi convaincues de la prégnance de notre individualité sur notre façon de sentir, comprendre et réfléchir… et donc de l’importance d’élargir nos points de vue, d’écouter autrui, d’accepter d’autres possibilités, d’autres vérités, les deux animatrices nous ont demandé d’imaginer le monde du travail en 2030. Par petits groupes, nous avons donc échangé avec une consigne simple : lâcher-prise et ouvrir ses chakras. Un exercice sympathique et débridé, qui demandait une bonne dose de créativité et qui a permis à chacun : de prendre conscience de son potentiel et de sa complémentarité, d’apprendre à l’exprimer en respectant autrui, et tirer ainsi le meilleur d’un groupe en un laps de temps très court.  

 

Pur hasard ou synchronicité ? Au moment de la restitution de notre vision de l’avenir, il s’est avéré que les trois groupes partageaient une même conception de ce futur très proche. Ne mettez pas vos ceintures, nous vous emmenons faire un petit tour dans un futur plein d’avenir : Sur une planète accueillant neuf milliards d’individus, les bâtiments toucheront le ciel pour ne pas empiéter sur la nature, le véhicule autonome (VA) sera opérationnel, décongestionnant les villes et libérant nos emplois du temps, l’industrie du loisir aura explosé en raison d’une gestion optimisée de nos plannings, de modes de vie pénétrés par l’idée de prévention et de la bonne santé des seniors…

 

La société de consommation se sera lassée d’elle-même, bousculant sérieusement notre modèle capitaliste : la culture du résultat et la suprématie de l’argent s’écrouleront au profit de la culture du sens. Le respect de l’environnement sera tellement évident qu’aucune entreprise ne pourra plus imaginer produire quoi que ce soit aux dépens de la planète : la notion de service ou d’amélioration sera globale, et non plus centrée sur un petit nombre. Le monde du travail de demain, quant à lui, sera libéré des contraintes à la fois temporelles et spatiales, mais aussi hiérarchiques. « L’entreprise étendue » ou « l’entreprise éphémère », permettra à chacun de se positionner sur les projets qui le motivent, puis de passer à un autre, en travaillant pratiquement d’où il veut et quand il le souhaite. De ce fait, les notions de hiérarchie et de subordination auront laissé la place à l’esprit d’équipe et le travail en mode projet. Du fait du VA, mais aussi des nouvelles technologies (skype amélioré), les bureaux fixes seront probablement en voie de disparition au profit d’espaces partagés, que l’on pourra trouver aussi bien au club de tennis de sa grand-mère que dans le TGV (sur coussin d’air, bien sûr).

 

La Data nous offrira des opportunités de missions en permanence en fonction de critères fins (nos compétences, mais aussi notre caractère, nos contraintes ou nos priorités du moment, etc.), veillant à la complémentarité des profils réunis pour un meilleur résultat : aussi ne parlerons-nous plus de métier exercé mais de compétences, qui ne feront que croître tous azimuts tout au long de notre vie (notons que notre système éducatif actuel aura été balayé).

 

L’hyper spécialisation ne sera plus une fin en soi, et « l’individu pluriel », ou encyclopédique, sera tout autant estimé et recherché que l’expert. Un tableau qui fait envie, assurément et qui ne parait pas déraisonnable, puisque toutes les personnes présentes, bien que ne se connaissant pas au début de l’atelier, étaient en phase : difficile de ne pas y voir la preuve que les choses bougent déjà. Parce que l’individu du futur sera aligné avec son écosystème (et même plus loin, grâce à l’hyper connexion), le sens et le respect (des hommes, des biens et de la nature) primeront donc sur la poursuite du chiffre d’affaires. Un mindset qui nous rendra assurément plus tolérants et plus heureux.  


Remerciements chaleureux : Tout ceci n’aurait jamais pu être imaginé sans l’esprit « co » de notre groupe/communauté éphémère, qui, ce jour-ci, fût constituée de : Catherine, Muriel, Kerstin, Sabine, Valérie, Julia, Florence, Rim, Laëtitia, Mathieu, Arnaud, Marc et bien sûr, leurs inspiratrices : Roseline & Delphine.